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Xavier Darcos vacille sous la pression des syndicats d'instituteurs.
Même si l’orientation générale des nouveaux programmes du primaire reste positive, il ressort de leur présentation, le 29 avril, par le ministre de l’Education nationale, que ce dernier est fortement tenté de céder devant les syndicats sur plusieurs points importants de son projet initial. Et pourtant, il dispose du soutien massif des Français !
L’essentiel de la réforme n'est pas encore perdu : ainsi le ministre maintient-il pour l'instant « le choix d’un recentrage sur les enseignements essentiels », à savoir la lecture, l’écriture, l’orthographe, la grammaire et le calcul.
En histoire, les nouveaux programmes entérinent en principe « l’entrée par les repères », autrement dit par la chronologie, les grands hommes et les grands événements.
En outre, il est toujours question de remettre à l'honneur les leçons de morale dans le cadre de l’instruction civique (qui remplace significativement l’« éducation » civique). L’apprentissage de la politesse et l’incitation au vouvoiement des professeurs retrouveraient également droit de cité.
Une faiblesse regrettable
Il est cependant désolant que Xavier Darcos soit en train d'abandonner certains points-clés de son projet :
- en maternelle, la partie de la réforme consacrée à la compréhension du « principe alphabétique » est modifiée pour satisfaire les fanatiques (il y en a encore !!) de la méthode globale ;
- en français, la voix passive, le passé antérieur, le subjonctif présent, le complément d’agent, ne seront pas étudiés à l’école primaire, mais seulement au collège… dans le meilleur des cas, puisqu’à l’heure actuelle, les collégiens n’étudient déjà le subjonctif que s’ils le "rencontrent" dans un texte ;
- en mathématiques, la règle de trois, dont le ministre avait pourtant souligné l'importance, devient « une modalité de résolution de problèmes parmi d’autres ». Quant à l’apprentissage de la division, il est reporté du CE1 au CE2, sauf pour la division par 2 et par 5. Pourtant, la division posée s’apprenait jadis dès la classe de CE 1 et il ne semble pas que les capacités du cerveau humain aient considérablement régressé depuis ; quand cessera-t-on de prendre nos enfants pour des idiots ?
Il est également permis de regretter qu’en raison du passage à la semaine de 24 heures (par la suppression des cours du samedi matin), les heures d’enseignement de l’histoire et des sciences soient amputées, alors que l’étude du cinéma est simultanément introduite en histoire des arts...
Quant au programme de sciences, il continue de faire la part belle à « l’approche expérimentale et à la démarche d’investigation », ce qui ne signifie rien en primaire. Un soutien populaire massif
Ces reculs du ministre de l’Education nationale sont d’autant plus regrettables qu’il dispose du soutien massif des parents d’élèves. En effet, un sondage TNS-SOFRES montre que : - 81 % d’entre eux sont favorables au recentrage des nouveaux programmes sur les savoirs essentiels ; - 87 % approuvent le fait de fixer des objectifs de connaissance et de compétence à la fin de chaque cycle ; - 83 % applaudissent à l’intégration dans les programmes de l’instruction civique et morale ; - 70 % approuvent l’apprentissage systématique des règles de calcul et de grammaire plutôt que leur découverte progressive par les enfants – ce qui constitue un camouflet cinglant pour les « pédagogistes », maîtres d’œuvre des réformes catastrophiques qui ont conduit l’école dans l’impasse.
Xavier Darcos a-t-il la naïveté de croire qu'il s'attirera le soutien des syndicats d'instituteurs en pliant ainsi devant eux ? S'imagine-t-il que c'est en se montrant faible qu'il va calmer leurs ardeurs revendicatives ?
L'expérience montre que rien n'arrête les dirigeants syndicaux de l'Education nationale, à moins d'une reddition inconditionnelle du pouvoir politique.
Pour ne pas répéter les erreurs de ses prédécesseurs, Xavier Darcos doit se montrer fort. Il peut, il doit pour cela s’appuyer sur la grande masse des parents d’élèves et sur l’ensemble des enseignants de bon sens, en particulier les 65 000 membres actifs de SOS Education qui soutiennent avec détermination tout retour aux méthodes d'enseignement de bon sens.
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