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La chronique d'Isabelle Hannart

Réformes du lycée et de la formation des enseignants : la vigilance s’impose !

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Les deux projets de réforme du lycée et de la formation des enseignants, annoncés concomitamment le 2 juin par Nicolas Sarkozy, contiennent des aspects nettement négatifs et d’autres heureusement plus positifs.

Je suis obligée de commencer par les aspects négatifs, malheureusement les plus nombreux :

- les mesures projetées par le président de la République sont pour la plupart totalement floues ;

- Nicolas Sarkozy « souhaite que l’enseignant de demain soit mieux formé et notamment que la durée de ses études soit allongée d’un an ». Cette idée coûtera cher, pour un résultat aléatoire : ce n’est pas tant la durée que le contenu de la formation qui compte. Il y a seulement 40 ans, le certificat d’études suffisait pour devenir institutrice et l’on confiait les bambins à des jeunes filles parfois âgées de 18 ans, qui leur apprenaient à lire et à écrire d'une façon qu'on n'oserait plus espérer aujourd'hui pour nos enfants ;

- Concernant la réforme du lycée, le président de la République veut instaurer un lycée à la carte, « où la seule règle serait la diversité des voies proposées. Chacun y pourrait selon ses goûts (…) construire un parcours cohérent et qui lui ressemble. Cette liberté plus grande donnée au lycéen le préparerait mieux à l’enseignement supérieur. » C’est mettre l’université au lycée. Ici aussi, il faut crier casse-cou : le lycéen et l’étudiant n’ont pas le même âge, ni la même maturité. Au demeurant, la liberté dont dispose l’étudiant ne donne pas toujours de bons résultats, tant s’en faut, et le niveau des facultés françaises est sensiblement moins élevé que celui des grandes écoles, où les élèves sont beaucoup plus encadrés ;

Les propos récemment tenus par le ministre de l’Education ne sont pas moins inquiétants. « Nous devons à tout prix trouver du consensus et cela s’appelle la liberté pédagogique des enseignants », a déclaré Xavier Darcos à propos de la réforme du lycée. Mais la recherche du consensus à tout prix ne saurait être un but en soi, qui remplacerait l'objectif de transmission des connaissances aux enfants. Par ailleurs, ce n’est pas avec les enseignants eux-mêmes que le ministre souhaite trouver cette entente, mais avec les organisations syndicales, ce qui est sensiblement différent ;

De plus, Xavier Darcos souhaite « supprimer » le redoublement. Or, s’il a actuellement mauvaise presse, le redoublement peut néanmoins se révéler parfois très utile, lorsqu’il fournit à un élève en difficulté l’occasion de se remettre sur les rails. 

Parmi les points positifs des projets évoqués par Nicolas Sarkozy, on retiendra néanmoins :

- son soutien à la réforme des programmes de l’école primaire mise en œuvre par Xavier Darcos, qui « peut être fier » de son travail, a déclaré le chef de l’Etat ;

- la réintroduction du tutorat, sous le nom de « compagnonnage », dans la formation des futurs professeurs : les anciens pourront ainsi faire bénéficier leurs jeunes collègues de leur expérience ;

- Enfin, la disparition des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM). Ces structures essentiellement créées pour y imprégner les futures générations d’enseignants des principes du pédagogisme selon Philippe Meirieu, ne pouvaient pas être réformées. Mieux vaut donc qu’elles disparaissent. Il va falloir se battre maintenant sur la nouvelle forme que prendra la formation des professeurs.

Les membres de SOS Education doivent donc rester plus vigilants que jamais, et faire pression sur nos gouvernants pour qu’ils fassent les bons choix. C’est vraiment l’avenir de générations d’enfants qui est en train de se jouer aujourd’hui.


 
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