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Qui se cache derrière la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE) ? Bien qu’elle bénéficie de l’habilitation du ministère de l’Education nationale, la qualification de fédération de "parents d’élèves" correspond-elle à une réalité ? Rien n’est moins sûr.
La FCPE se distingue en tête de toutes les manifestations d’enseignants, contre toutes les réformes nécessaires. Ainsi est-elle partie en guerre, au printemps dernier, contre les mesures adoptées par Xavier Darcos, concernant la réduction de l’effectif des enseignants, mais aussi la réécriture des programmes du primaire. Il est très probable qu’elle remettra ça à la rentrée prochaine.
Une constante : ses choix se portent toujours vers les options les plus « progressistes », celles-là même qui, développées par Philippe Meirieu et les « pédagogistes » - dont la FCPE a épousé toutes les utopies - ont conduit l’enseignement public à la faillite. Rien d’étonnant à cela, puisque avant d’être une organisation de parents, la FCPE est, depuis l’origine, un outil politique au service des syndicats d’enseignants de gauche et d’extrême gauche.
Parents d’élèves ou syndicalistes enseignants ?
Elle fut créée, en 1947, sous l’inspiration d’Henri Aigueperse, secrétaire général du Syndicat national des instituteurs (SNI), proche du parti communiste, et d’Albert Bayet, radical et franc-maçon, président de la Ligue française de l’enseignement. L’une de ses figures les plus marquantes, l’avocat Jean Cornec, qui la présida pendant près d’un quart de siècle (on parla longtemps de « Fédération Cornec »), était un ancien collaborateur de la revue La Révolution prolétarienne, fondée par Pierre Monatte, ouvrier du livre et dirigeant cégétiste.
La caractéristique la plus remarquable de la FCPE doit pourtant être cherchée ailleurs : depuis l’origine, ses cadres et ses dirigeants sont des enseignants, ou travaillent tout au moins pour l’Education nationale. Son actuel président, Jean-Jacques Hazan, par exemple, dirige la restauration scolaire du XIIe arrondissement. Son prédécesseur, Faride Hamana, qui appartient toujours au bureau national, est professeur de sciences économiques et sociales… Ce n’est pas fortuit. La création d’un syndicat de « parents d’élèves » contrôlé par des syndicalistes enseignants présente en effet un intérêt stratégique évident : les dits syndicalistes peuvent prétendre, contre toute raison, que leurs préoccupations et leurs intérêts coïncident avec ceux des parents.
La FCPE n’est donc pas une simple association de parents d’élèves essentiellement préoccupés de l’avenir de leur progéniture, mais une puissante machine de guerre politique, au service du lobby syndical de l’Education nationale.
Une ennemie : l’école libre
Ses orientations apparaissent clairement à travers les « valeurs » qu’elle a définies, en 1997, dans son projet éducatif, au chapitre « Service public ». On y lit : « La FCPE réaffirme le rôle essentiel du service public dans un monde régi par les lois du marché, dans une Europe où la France fait figure d’exception. L’Etat a l’obligation de permettre l’accès de tous à l’école publique (…). La FCPE condamne les financements publics détournés vers les établissements privés et s’oppose aux statuts particuliers. » Ce qui signifie clairement que la FCPE milite pour le monopole de l’Etat sur l’Ecole et la disparition de toute forme d’enseignement privé.
Elle n’a d’ailleurs eu de cesse, depuis 1947, de promouvoir cette conception collectiviste de l’Education, comme on peut le constater en consultant l’ « historique » mis en ligne sur son site internet.
Dès 1948 et 1951, ses premières campagnes tentent de faire obstacle au décret Poinso-Chapuis, puis à la loi Barangé, qui préparent et prévoient le subventionnement de l’enseignement privé ; en 1959, elle part en guerre contre la loi Debré, qui crée un système contractuel avec les écoles libres ; en 1983, elle participe avec le Comité national d’action laïque (dont elle est membre) à l’organisation de manifestations en faveur d’un grand service public d’éducation, qui débouche en mai 1984 sur le projet de loi Savary, visant de facto à supprimer l’enseignement privé. Plus d’un million de personnes descendent dans la rue pour s’y opposer et le gouvernement recule, ce qui laisse à la FCPE « un goût amer de défaite »... En 1993, elle milite contre le projet de loi de François Bayrou tendant à modifier la loi Falloux pour octroyer aux collectivités le droit de contribuer aux efforts d’investissements des établissements privés sous contrat, qui assurent eux aussi une mission de service public. Bayrou recule.
Mais cette lutte permanente contre le secteur privé ressort-elle des préoccupations légitimes d’une fédération de parents d’élèves ? A l’évidence, non.
L’idéologie prime sur les familles
Les prises de positions de la FCPE en matière d’enseignement sont frappées du sceau de l’idéologie. En 1986, la FCPE se mobilise contre le projet de loi Devaquet sur l’enseignement supérieur, qui, selon elle, « renforce la sélection en premier cycle (universitaire) et fait courir le risque d’une sélection par l’argent ». Cet alibi de la sélection par l’argent permet aux syndicalistes de la FCPE de préconiser les pires fumisteries pédagogiques, au nom d'une conception dévoyée de l'égalité.
C’est ainsi qu’après avoir applaudi à l’instauration du collège unique par René Haby en 1975, elle se félicita en 1989 du vote de la loi Jospin, l’une des plus catastrophiques pour l’Ecole, qui « reprenait bon nombre de ses propositions ». Elle s’opposa, au contraire, à la loi Fillon de 2006, « marquée du sceau du conservatisme » et qui « ne répond pas aux défis d’une école pour le XXIe siècle ». La dialectique et la terminologie utilisés sont exactement les mêmes que ceux des syndicats d’enseignants de gauche, à commencer par le SGEN-CFDT ou la FEN. Et pour cause…
Au reste, la contradiction ne fait pas peur aux militants de la FCPE. Sur le site de la fédération, ces partisans revendiqués du « progrès » à tout prix, toujours prêts à dénoncer l’ « archaïsme » et « l’immobilisme » de leurs adversaires politiques, s’effraient soudain de la « véritable révolution culturelle » que Xavier Darcos entreprend en réformant les programmes du primaire, sous prétexte que « le ministre s’apprête ainsi à rompre brutalement avec une tradition pédagogique française née au temps des lois de Jules Ferry ». On n’est pas plus moderne !
L’assouplissement de la carte scolaire et l’instauration du service minimum en cas de grève des enseignants, mesures qui bénéficient pourtant aux familles et que celles-ci approuvent massivement, ne trouvent pas grâce non plus aux yeux de ces étranges représentants des parents... pour le moins éloignés des préoccupations de la « base » !
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