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En manifestant contre le service minimum d'accueil en cas de grève des enseignants, les syndicats de l'Education nationale affaiblissent sciemment le mouvement de protestation contre la dangereuse réforme du lycée.
Les syndicats de l’Education nationale, qui ont appelé à manifester ce 20 novembre, ont choisi de regrouper des revendications très différentes les unes des autres : le maintien des effectifs, le refus de la loi sur le service minimum et la protestation contre la réforme du lycée. Cette confusion des genres a conduit SOS Education à renoncer à se joindre au mouvement, ses 80 000 membres ayant soutenu Xavier Darcos lorsqu’il a instauré le service minimum d’accueil.
En effet, la mise en place du service minimum soulage à la fois les élèves et leurs parents. Grâce à lui, ces derniers n’ont pas l’impression d’être pris en otages par les syndicats d’enseignants, ne sont pas contraints de chercher hâtivement à qui confier leurs enfants les jours de grève ou de solliciter un congé auprès de leur employeur, de se stresser, de courir, d’arriver en retard sur leur lieu de travail… Quant aux enfants, ils ne risquent plus d'être abandonnés à eux-mêmes par des enseignants peu scrupuleux.
SOS Education a souligné par ailleurs les limites de cette solution : le service minimum d’accueil n’est jamais qu’un service de garderie et les heures d’enseignements supprimées restent perdues pour les élèves. Malgré tout, c'est un moindre mal.
Cette solution à « moindre mal », les syndicats de l’Education nationale ne l’acceptent pas. Pour que leur grève soit réussie, il faut que les Français souffrent. En effet, c'est à leur pouvoir de nuisance sur le pays qu'ils mesurent leur influence.
Or, à qui nuisent-ils d’abord, sinon aux salariés, aux commerçants, aux petits patrons, à tout ceux qui ne jouissent pas du privilège considérable que constitue la sécurité de l’emploi, particulièrement en cette période de crise où les entreprises sont fragilisées et où le spectre du chômage grandit de nouveau ? En ce sens, le refus du service minimum d’accueil n’est que l’expression du mépris de privilégiés qui font payer leurs foucades aux moins bien lotis.
Ceux-ci ne soutiennent d'ailleurs pas du tout les syndicalistes enseignants : rappelons en effet qu’une forte majorité de Français (60 % contre 33 %, selon un sondage CSA-Le Parisien publié en mai 2008) sont favorables au service minimum d’accueil en cas de grève à l'Education nationale.
En la confondant avec leur action contre le service minimum, beaucoup plus médiatisée, les syndicats affaiblissent donc la nécessaire protestation contre la calamiteuse réforme du lycée. SOS Education souligne la lourde responsabilité qu’ils endosseront si cet exécrable projet de Xavier Darcos aboutit. Ce risque, qu’ils prennent sciemment, montre le peu de cas que ces syndicats font du véritable intérêt des enfants.
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