|
Le ministère de l'Education rencontre de vives résistances de la part d'un petit groupe d'instituteurs en révolte, qui refusent d'appliquer les nouveaux programmes du primaire.
Ces programmes visent à réintroduire dans les écoles primaires une touche de grammaire traditionnelle, d'histoire chronologique et de calcul mental, dans un contexte de chute du niveau des élèves de CM2, confirmée une nouvelle fois officiellement par une étude de la Direction de l'Evaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Education, parue au mois de janvier 2009.
La cheville ouvrière ou le petit soldat de cette opération de sabotage s’appelle Alain Refalo, instituteur à l’école Jules Ferry de Colomiers, près de Toulouse.
Dans une lettre publique adressée à son inspecteur d’Académie le 6 novembre 2008, il écrit qu’il considère les nouveaux programmes du primaire comme « totalement illégitimes » et qu’« en conscience, (il a) décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l’esprit des programmes de 2002 » conçus sous l'impulsion de Jack Lang, ministre de l'Education de 2000 à 2002.
Cet instituteur refuse également d’appliquer le dispositif d’aide personnalisée aux élèves en difficulté, de transmettre à l'administration les listes d’élèves pour les stages de remise à niveau, et de se déclarer auprès de l’administration quand il fait grève, comme le prévoit la loi sur le service minimum.
L’inspecteur d’académie a donc été obligé de sanctionner cette insubordination en privant l'instituteur d’une partie de ses émoluments. La retenue, appliquée depuis le 5 janvier 2009, équivaut à deux journées de traitement par semaine. Les grands syndicats d’enseignants (SNUipp FSU, SE-UNSA, SUD-Education) n’en attendaient pas moins pour se porter au secours du rebelle et engager un bras de fer avec le ministre, tandis que la lettre de Refalo était diffusée et son exemple imité par plusieurs centaines d’enseignants.
C’est ainsi que les agitateurs professionnels de l'Education nationale montent une provocation. Car Alain Refalo n’est pas, comme il voudrait le laisser croire, un professeur des écoles courageux, livrant en franc-tireur un combat solitaire contre le « méchant » ministre de l’Education.
C'est un activiste bien connu qui appelle depuis plusieurs années à une « insurrection civile ». Il anime un site Internet http://www.non-violence-mp.org/, qui renvoie lui-même à de nombreux sites apparentés à l’ultra-gauche anarchiste et « altermondialiste ». Ceux-ci, sous couvert de « non violence » (!), prétendent imposer illégalement, contre les décisions d’un gouvernement issu du suffrage universel, les choix totalitaires d’une minorité activiste.
Très présent sur les sites Internet d'extrême-gauche comme http://www.bellaciao.org/, l’instituteur de Colomiers vit dans le mythe du grand soir, et rêve de provoquer, avec le blog « Résistance pédagogique », « une démarche collective de désobéissance » des instituteurs contre les décrets émis par le pouvoir démocratique.
L’insubordination de Refalo, conçue pour donner l’exemple à d’autres professeurs des écoles, vise en particulier à briser la réforme de l'école primaire menée par Xavier Darcos, ministre de l’Education. C'est dire le peu de cas que cet instituteur fait de la volonté des parents, qui soutiennent dans leur grande majorité cette réforme visant à réintroduire un peu de bon sens dans l'enseignement des fondamentaux (lire, écrire, compter).
Face à cette tentative organisée de déstabilisation de l’Education nationale , les 80 000 membres de SOS Education :
- soutiennent l’inspecteur d’Académie qui a pris la décision courageuse de sanctionner M. Alain Refalo ;
- demandent au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, la révocation pure et simple de ce fonctionnaire indigne et de ceux qui pourraient suivre son exemple ;
- encouragent le ministre de l’Education à maintenir sa réforme des programmes du primaire ;
- et lui demandent de prendre des mesures d'urgence pour lutter contre les agissements antidémocratiques des syndicats d'enseignants, et en particulier de leur retirer tout financement publique et toute mise à disposition gratuite de personnel.
|