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Scandale du Bac
Juillet 2005     
 
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Suite à la grande campagne de cartes postales  et de pétitions à Gilles de Robien organisée par SOS Education pour la neutralité de l’école et contre les dérives idéologiques au baccalauréat, un recteur a été renvoyé, et un autre limogé !

Les recteurs idéologues sont sanctionnés…

Le ministère de l'Education a répondu à la mobilisation des parents et professeurs en sanctionnant les deux recteurs responsables du choix des sujets du Bac qui ont fait scandale. C'est une première reconnaissance des graves atteintes à la neutralité de l'école qui ont été commises lors de la session du baccalauréat 2005, où des sujets fortement politisés avaient été proposés aux élèves. A l’épreuve d’enseignement scientifique du bac L figurait la question « A l’aide du document 4, dégager des arguments en faveur de l’autorisation légale de l’IVG en France. ». A l’épreuve de français du bac technologique, il était demandé aux candidats de rédiger une lettre à partir de la chanson « Lily » de Pierre Perret, sur le thème : « Lily, un an après son installation à Paris, écrit à sa famille restée en Somalie. Elle dénonce l’intolérance et le racisme dont elle est la victime. » Les membres de SOS Education avaient réagi à ces dérapages par une vigoureuse campagne de pétitions à Gilles de Robien, ministre de l’Education, et de cartes postales à Jacques Chirac.

 … dans le silence le plus total

 Ces sanctions ne constituent toutefois pas, loin s’en faut, une réponse proportionnée à la gravité des faits commis. Certes, Marc Debène, recteur de l’académie de Rennes, qui était derrière le sujet de dissertation où les élèves devaient dénoncer « l’intolérance et le racisme » des Français, a été destitué en Conseil des ministres du 20 juillet 2005. Il est aujourd’hui en « année sabbatique », autrement dit il se tient quelque temps à l’écart pour essayer de se faire oublier. Certes, Jean-Michel Lacroix, recteur de l’Académie d’Orléans-Tours, qui a choisi le sujet sur l’IVG, a été transféré au poste peu convoité de recteur du Centre National d’Education à Distance, le CNED, une institution en pleine perte de vitesse.

Mais le problème est que le ministre de l’Education, qui a prononcé ces sanctions, n’en a fait aucune publicité. SOS Education elle-même n’en a été informée que suite à une série d’entretiens dans les cabinets ministériels où un conseiller a fini par lui révéler cette information, sous couvert d’anonymat.

Ce secret se justifie par le fait qu’une confidentialité absolue est maintenue sur les auteurs des sujets du bac, surtout quand les sessions de rattrapages ne sont pas terminées, comme c’est le cas avec les épreuves de septembre. Une personne participant à la rédaction des sujets n’a pas même le droit d’en informer ses collègues, et encore moins son conjoint ou ses enfants. Ceci afin d’éviter les pressions qu’elle pourrait subir de la part d’individus malintentionnés, désireux de connaître les sujets avant l’épreuve.

Officiellement, donc, personne n’est censé savoir que ces deux recteurs sont les responsables de ces sujets. Leur soudaine « mutation » n’a été accompagnée d’aucun commentaire et le secret aurait été maintenu longtemps si SOS Education n’avait pas diffusé l’information.

Le préjudice subi par les élèves reste entier

Mais en maintenant une telle confidentialité, le ministre de l’Education Gilles de Robien fait aussi perdre à cette sanction l’essentiel de son intérêt, qui aurait été de servir d’exemple aux autres. A aucun moment il n’a désavoué publiquement les responsables, ni accepté de reconnaître que la neutralité de l’école avait été violée lors de ces épreuves. Or, comme SOS Education l’a déjà souvent pointé, les fonctionnaires de l’Education nationale désireux d’exploiter leur position de force auprès des enfants pour diffuser leurs idées politiques ne sont malheureusement pas rares. Il aurait été utile que cette affaire serve à en rappeler un certain nombre à l’ordre.

Enfin, l’injustice qui a été commise envers les élèves qui ne pouvaient, en leur âme et conscience, traiter les sujets comme il leur était imposé, reste entière. Le ministre de l’Education a refusé d’annuler l’épreuve, et même de considérer ces questions comme nulles. Le préjudice n’a en rien été réparé, même si les recteurs Marc Debène et Jean-Michel Lacroix peuvent probablement tous deux faire aujourd’hui une croix sur leur carrière.

Reste qu’il est désormais fermement établi que la mobilisation des citoyens, quand elle est rapide et massive, peut déboucher sur des résultats concrets. Il n’y a aucun doute que, sans les protestations qui ont suivi l’affaire du bac, les deux recteurs seraient encore confortablement installés dans leurs bureaux, prêts à renouveler leurs méfaits à la première occasion. Les membres de SOS Education, toujours plus nombreux et plus déterminés, peuvent donc avoir confiance dans leur force. Le défi pour eux est de continuer à rassembler du monde tout en restant uni, afin d’obtenir à chacune de leur campagne des résultats plus significatifs.

Comment sont choisies les épreuves du bac ?

Chaque année, au mois de juin, un an avant le bac de l’année suivante, le ministre de l’Education nomme un Inspecteur général de l’Education nationale de chaque discipline et un professeur d’université de la même discipline pour préparer les sujets du bac. Rédiger les sujets est un très gros travail, car, pour chaque discipline, il faut prévoir des sujets pour les différentes filières du baccalauréat (littéraire, scientifique, technologique, etc.), pour les épreuves de métropole, des DOM-TOM et des lycées à l’étranger, pour la session de juin et celle de septembre, avec, à chaque fois, un sujet principal et un sujet de secours. Ainsi, dans certaines matières, il peut y avoir jusqu’à quarante sujets différents ! L’inspecteur général et le professeur d’université ne peuvent faire le travail seuls. Ils sont donc aidés par les professeurs choisis pour leur compétence, au sein d’une académie. Une académie est une zone géographique dirigée par un recteur. Il y en a 26 en France. En février, tous les sujets doivent être prêts. Ils sont alors proposés à des professeurs d’essai, désignés au hasard, qui traitent le sujet dans un temps plus court que celui prévu à l’examen, et qui ensuite font des commentaires. Si un sujet leur semble ne pas convenir, il est éliminé et remplacé par un autre. Lorsque tous les sujets sont prêts, ils sont transmis au recteur, qui donne ou non son accord final. S’il le donne, les sujets sont imprimés pour être envoyés à toutes les autres académies et distribués aux candidats le jour de l’épreuve. C’est donc bien le recteur qui est le responsable. C’est lui qui doit être sanctionné si les sujets du bac comportent des erreurs graves.

 



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