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Plus aucun enseignant mis à la disposition des groupes de pression!
Octobre 2005     
 
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La mobilisation des 64 000 membres de SOS Education pour la suppression des 800 postes d'enseignants mis à disposition d'associations a porté ses premiers fruits le 15 novembre 2005 : suite à l’immense campagne de pétitions organisée par l‘association (Cliquer ici pour comprendre les raisons de la campagne), le gouvernement confirme la suppression de 800 postes d’enseignants payés pour faire de l’agitation dans des associations. Ce succès est toutefois à accueillir avec précaution, le gouvernement ayant pris en même temps des mesures catastrophes capables de réduire à néant les effets bénéfiques de cette mesure.

Les membres de SOS Education entendus sur le dossier des enseignants sans élèves

La mobilisation des 64 000 membres de SOS Education contre le scandale des professeurs sans élèves a duré tout le long des mois d’octobre et de novembre, jusqu’au vote des députés venant conclure l’affaire.

C’est le 29 juin 2005 que Jean-François Copé, le ministre du Budget, avait annoncé qu’il envisageait d’appliquer la nouvelle loi de finances et de supprimer 800 postes de professeurs attribués à des associations aux activités douteuses et ne faisant aucun cours à des élèves.

La panique éclate alors dans les milieux associatifs et syndicaux : s’ils ne disposent plus gratuitement d’enseignants, comment conserver leur influence sur le système scolaire ? Qui se chargera de la propagande en faveur des nouvelles pédagogies ? Comment continuer à faire progresser leurs idées dans les IUFM, chez les enseignants et chez les éditeurs de livres de classe ? Car il n’est évidemment pas question pour eux de se financer autrement qu’en tapant dans les caisses de l’Etat ! Quelle personne avisée pourrait avoir l’idée de leur envoyer des dons ?

Menacés au porte-monnaie, les patrons de ces associations lancent une campagne médiatique et des opérations de pression sur les élus. Grâce à leurs relais dans les journaux et les chaînes de télévision, ils obtiennent immédiatement des dizaines d’articles et d’émissions visant à faire croire au grand public que leurs associations permettent effectivement à l’éducation et à la pédagogie de progresser. Tout en restant soigneusement dans le flou, les journalistes du Monde et de Libération vantent leurs activités « pour la jeunesse » et « l’éducation populaire » … au moment où l’embrasement des banlieues apporte une nouvelle démonstration de leur échec magistral.

Leur message est aussi ardemment relayé au Parlement. Le 26 octobre, les représentants de SOS Education assistent à un débat à l’Assemblée nationale en présence du ministre de l’Education Gilles de Robien. Alors que de nouvelles statistiques alarmantes sur l’échec scolaire viennent d’être publiées, et que le déficit public s’annonce abyssal, les députés de l’opposition semblent n’avoir qu’une idée en tête : empêcher l’application de la nouvelle Loi de finances et maintenir les 800 postes d’enseignants dans ces associations. Ils harcèleront Gilles de Robien jusqu’à la fin du débat, multipliant les menaces de rétorsion.

Le bras de fer entre le ministre et les groupes de pression s’intensifie encore début novembre avant le vote définitif du budget de l’école par les députés. Mais les membres de SOS Education sont entrés en scène et l’équilibre a déjà basculé. Des dizaines de milliers de pétitions ont circulé en faveur de l’application de la nouvelle loi de finances. Le résultat est sans appel : les parents, les grands-parents et les professeurs de bon sens soutiennent cette mesure. Ils ne veulent plus que l’Etat finance des agitateurs qui répandent dans les salles de classe leurs idées nocives sur l’éducation. Ils veulent que les professeurs payés pour faire cours retournent dans les classes. Malgré le battage médiatique et les efforts de désinformation menés dans les écoles par les syndicats d’enseignants, la mesure sera votée le 14 novembre à l’Assemblée nationale.

L’intervention des 64 000 membres de SOS Education auprès de Gilles de Robien, Jean-François Copé et Dominique de Villepin aura donc été la seule initiative en faveur de cette mesure. Mais, par sa force et son organisation, elle aura été suffisante.

Des mesures catastrophes qui pourraient annuler les effets positifs de la suppression des 800 postes

Mais cette bonne nouvelle est accompagnée d’une série de mesures qui font largement retomber l’enthousiasme : Gilles de Robien reverse l’intégralité du montant des salaires correspondant à ces 800 postes aux… associations où travaillent ces enseignants ! Autrement dit, il prend de la main droite pour rendre de la main gauche. Pire encore, suite aux révoltes dans les banlieues, Dominique de Villepin a annoncé que l’Etat allait verser 100 millions d’euros de subventions supplémentaires aux associations, et créer des milliers de postes dans les établissements où se sont produits les troubles les plus graves.

Ces deux dernières mesures partent d’une bonne intention. Mais les conséquences sont désastreuses : car ce sont finalement les associations et les écoles qui ont produit les plus mauvais résultats qui se retrouvent récompensées financièrement.

Il serait donc largement prématuré d’attendre une amélioration de la situation si le gouvernement s’en tient là. Pour l’instant, il continue à appliquer la recette traditionnelle des gouvernements de droite comme de gauche depuis trente ans : augmenter les dépenses pour masquer les problèmes. Le fait est qu’en 2006, le budget de l’Education nationale va connaître une nouvelle hausse vertigineuse : plus 5,5 % par rapport à 2005, soit une augmentation de 4 milliards d’euros (26 milliards de francs), qui sera quasi-entièrement absorbée par les augmentations de salaire du personnel. On le voit, si les 64 000 membres de SOS Education ont fait beaucoup pour la réforme, il leur reste d’immenses obstacles à surmonter. Mais le courage et la persévérance dont ils ont fait preuve jusqu’à présent semblent indiquer qu’ils continueront à se battre malgré toutes les difficultés. Personne n’a jamais pensé qu’il serait facile de réformer l’Education nationale.

 



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