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Contrer la tyrannie des marques en unifiant les tenues scolaires : l'idée séduit déjà au Québec, où plusieurs collèges publics ont récemment fait le pas, et en Suisse.
Au Collège secondaire de Grand- Coteau, à Sainte-Julie, près de Montréal, l’uniforme a été introduit il y a plus d’un an. « Vu les résultats, confie sa directrice, Céline Chagnon, on ne reviendrait pour rien au monde en arrière. Nos élèves ont entre 12 et 16 ans. Depuis qu'ils portent le même costume, nous n'avons pratiquement plus eu à intervenir contre les tenues provocantes. Pour les parents, ces costumes correspondent à une économie. Et l'on voit beaucoup moins la différence de moyens financiers qu'il peut y avoir entre certains étudiants et les autres. »
En Suisse, suite aux demandes répétées venant des parents et des élèves, un établissement secondaire situé à Bâle a tenté depuis septembre dernier d’imposer le port de l’uniforme à une quarantaine d’élèves. Mais l’expérience ne se poursuivra pas jusqu’à la fin de l’année. Motif ? " Les élèves ne sont plus convaincus par les différentes pièces composant les uniformes. Elles sont trop à la mode et ne permettent pas d'identifier les participants à leur école", explique au quotidien "Le Temps", Christian Griss, le directeur de l'établissement.
"C'est une styliste locale, Tanja Klein, qui avait remporté le concours devant un jury composé d'enseignants, de parents et d'élèves pour créer une ligne d'uniformes scolaires. Des habits contemporains avaient été choisis pour le projet pilote. Mais les jeunes ne les ont pas accepté comme uniforme scolaire (voir l'uniforme)", explique le directeur de l'école de Bâle.Il a donc décidé de mettre un terme à l'expérience en mars.
Selon lui, les jeunes seraient plus favorables à un uniforme scolaire plus classique. Le projet avait surtout été soutenu par le service de désendettement Plusminus. Il en attendait pour les élèves un allègement de la pression à s'acheter des vêtements chers.
Malgré l'abandon de la première tenue, le projet se poursuivra certainement avec le lancement d'une nouvelle collection pour la rentrée 2007, qui sera moins chère et moins à la mode. Des tenues plus classiques mais pas de style anglais, selon les dires du directeur de l’école.
L'idée de l'uniforme revient aussi régulièrement en France : le député Eric Raoult, vice-président de l'Assemblée nationale, et 57 de ses collègues ont déposé en décembre 2006 une proposition de loi visant à « instaurer le port obligatoire d’une tenue commune à l’école » (proposition de loi n°3327). Proposition qui n'a pas été mise à l'ordre du jour...
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