« La méthode globale […] ne correspond pas à la manière dont fonctionnent les réseaux neuronaux de la lecture », affirme Stanislas Dehaene dans son nouveau livre, Les neurones de la lecture.
Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale, membre de l’Académie des sciences, spécialiste des neurosciences mondialement connu, vient de sortir ce nouveau livre aux éditions Odile Jacob, qui fait suite à son best-seller d’il y a onze ans : La bosse des maths.
Son verdict est sans appel : « On sait aujourd’hui que les méthodes globales ou idéovisuelles ne fonctionnent pas […] Revenir en arrière sur ce point, sous prétexte d’expérimenter ou d’exercer sa liberté d’enseignant, serait criminel. »
« L’école de la liberté n’est pas celle qui laisse l’enfant choisir les textes qu’il souhaite apprendre, mais bien celle qui enseigne rapidement à chaque enfant le décodage. »
Il réfute un à un les arguments qui ont conduit à l’idée fausse d’une lecture globale des mots et explique « pourquoi la méthode globale a pu faire illusion bien qu’elle soit vaine et inefficace. »
Le décodage est « la seule méthode qui lui permettra d’apprendre lui-même des mots nouveaux, d’acquérir son autonomie et de s’ouvrir à tous les champs du savoir. »
Et il faut se rendre compte que la reconnaissance « d’infimes différences entre les caractères » lors de l’apprentissage de la lecture développe « les compétences analytiques visuelles » et rejaillit sur l’apprentissage d’autres savoirs.
Le livre de Stanislas Dehaene est un appel à enseigner la lecture dans les écoles en tenant compte de la manière dont notre cerveau fonctionne. Pour ce faire, il considère comme « vital que chaque enseignant connaisse, même de loin, les mécanismes du cerveau de l’enfant. »
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