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Le 12 Octobre 2007

Les tragiques conséquences du mythe de l' « école unique »

 
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Selon un rapport du Sénat sur la diversité sociale et l'égalité des chances rendu public le 25 septembre 2007, la proportion d'élèves sortant d'un milieu défavorisé et fréquentant une classe préparatoire aux grandes écoles est passée de 29 % il y a vingt ans à 9 % aujourd'hui.

Dans le système scolaire des III° et IV° Républiques, un système d'examens et de sélection permettait aux enfants d'origine modeste aux dons exceptionnels de se détacher du lot et d'avoir accès à un enseignement de très haut niveau. Une enquête réalisée il y a vingt-cinq ans (Claude Thélot, Tel père, tel fils ?, Paris, Dunod, 1982) a montré que le système éducatif des années 1925-1959 n'a pas fonctionné comme une machine de reproduction sociale. Il fut au contraire le lieu d'une réelle mobilité sociale, aussi bien ascendante que descendante.

Les réformes des quatre dernières décennies ont donc abouti au résultat inverse de celui qui était recherché par les personnes qui ont aboli les systèmes de sélection au nom de l'égalité des chances. En effet, il n'existe plus de moyens pour les élèves doués issus des milieux populaires d'accéder à un enseignement de qualité.

L'école a donc perdu son rôle traditionnel d'instrument de progression sociale. Alors que la suppression de la sélection à l'entrée des collèges, avec l'instauration du "collège unique", a considérablement diminué le niveau de l'enseignement dispensé, les élèves issus de milieux aisés ont trouvé refuge dans ces îlots de qualité que sont les collèges du centre des grandes villes.

En revanche, même extrêmement doués, les enfants des milieux modestes ne peuvent, sauf exception, bénéficier d'un enseignement de bon niveau. Le mythe du collège unique place sur un pied d'égalité Louis-le-Grand et un lycée de banlieue. Ce mensonge doit être officiellement dénoncé, pour qu'on puisse enfin travailler à des solutions réalistes pour remettre en route l'ascenseur social.







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