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Le 4 Avril 2008

M. le ministre, abolissez la carte scolaire !

 
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La carte scolaire est au menu des réformes. Le 2 avril, le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a adressé aux recteurs d’académie une note les invitant à informer les familles des possibilités que leur offre l’assouplissement de la carte scolaire et à organiser dans les lycées et collèges des journées portes ouvertes.

Les rectorats et inspections académiques sont priés de diffuser sur leurs sites internet les mesures d’assouplissement, les critères prioritaires, les procédures et le calendrier à suivre ; les informations concernant les établissements (taux de réussite aux examens, points forts du projet d’établissement) ; et les formulaires de demandes d’affectations, qui seront donc accessibles en ligne. 

« Si chaque famille a droit à l’affectation de son enfant dans le collège ou le lycée le plus proche de son domicile, défini par la zone de desserte de l’établissement, y compris lorsque cette demande est formulée tardivement, elle a également le droit de demander une dérogation afin que son enfant soit scolarisé dans un établissement, collège ou lycée de son choix », écrit le ministre.

Il faut donner la priorité au mérite !

Les recteurs devront donc s’employer à satisfaire les demandes présentées par les familles, « dans la seule limite de la capacité d’accueil de l’établissement ».

Si cette capacité d’accueil ne permet pas de satisfaire toutes les demandes, les critères de dérogation donnent la priorité :

- aux élèves souffrant d’un handicap ; 

- à ceux qui bénéficient d’une prise en charge médicale importante à proximité de l’établissement concerné ;

- aux boursiers au mérite ;

- aux boursiers sociaux ;

- aux élèves suivant un parcours scolaire particulier ;

- à ceux dont un frère ou une sœur est déjà scolarisé dans l’établissement ;

- et à ceux dont le domicile est situé en limite de zone de desserte, et donc proche du lycée ou collège demandé.

Ces dispositions appellent plusieurs remarques. La première concerne les critères retenus. On peut comprendre que les boursiers au mérite soient favorisés ; mais pourquoi les boursiers sociaux devraient-ils passer avant d’autres élèves plus doués et travailleurs ? Ces derniers, même s’ils ne sont pas boursiers, n’ont pas tous les moyens de contourner la carte scolaire en s’inscrivant dans un établissement privé. Est-il juste qu’ils soient défavorisés par rapport à des condisciples moins méritants, sous prétexte que leurs parents gagnent moins mal leur vie ?

L’école publique ne garantit plus l’égalité des chances

La deuxième remarque découle de la première : même si le ministre ne le dit pas explicitement, l’enseignement privé apparaît de plus en plus comme un moyen d’échapper à la carte scolaire. Beaucoup de parents y recourent, quitte à payer davantage, pour éviter que leurs enfants ne se retrouvent dans des établissements « poubelle ». Ce constat souligne l’échec de l’école publique, impuissante à garantir l’égalité des chances en permettant à tous les enfants de recevoir un enseignement de qualité.

N’en déplaise aux idéologues qui s’accrochent encore à la carte scolaire, ce qui est anormal et immoral n’est pas que des parents veuillent donner à leurs enfants le maximum de chances en contournant la carte scolaire, mais que l’on puisse tolérer de telles différences entre les bons lycées ou collèges et les établissements « poubelles ».

Si l’ensemble des établissements assurait à leurs élèves un niveau d’enseignement convenable, le problème de la carte scolaire ne se poserait pas. Il ne peut donc pas être traité séparément des autres questions liées à la qualité de l’enseignement.

C’est pourquoi SOS Education milite pour la suppression pure et simple de la carte scolaire, et surtout pour le retour aux méthodes éprouvées dans les écoles primaires, à l'examen d'entrée en sixième, à la discipline et au sens de l’effort dans les collèges et lycées ; pour la fin du collège unique et l’amélioration du niveau de l’enseignement professionnel, qui doit devenir comme l’enseignement général une école d’excellence ; et pour la responsabilisation des chefs d’établissements, dont le rôle doit être considérablement renforcé.



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