SOS Education.com
Qui sommes-nous ?
Adhérez
Education : faits et chiffres
Le 9 Avril 2008

Incidents dans les lycées : à qui la faute ?

 
Nous contacter
Espace média
S'inscrire à la newsletter
Rechercher
Faire connaitre ce site à un ami

Enfin ! Un syndicat de l’Education nationale a protesté contre les « débordements de violence injustifiables » qui ont eu lieu, depuis le début du mouvement d’opposition aux réformes de Xavier Darcos, dans plusieurs établissements des académies de Créteil et de Versailles.

Le Syndicat National des Personnels de l’Education Nationale (SNPDEN), qui regroupe des chefs d’établissements et des personnels non enseignants, constate dans un communiqué que « des échauffourées se sont produites, des jeunes ont tenté de s’introduire dans certains établissements, des dégradations ont été commises, des élèves ont été menacés et des personnels molestés. Quel que soit le jugement porté sur les mesures de politique éducative, et malgré l’émotion qu’elles suscitent, rien ne justifie les pratiques antidémocratiques de blocages d’établissements, d’occupation des locaux et les intrusions occasionnant violences et dégradations. »

On appréciera les précautions de langage que prend le syndicat pour ne pas donner l’impression de désavouer, sur le fond, le mouvement dont il condamne la forme.

Les faits, dans leur brutalité, sont beaucoup moins subtils. Mardi 8 avril, le rectorat de l’académie de Créteil rapportait : « 600 élèves et casseurs se sont réunis ce matin devant le lycée Saint-Exupéry à Créteil, puis se sont déplacés devant le centre commercial où ont eu lieu des incidents ». On y trouve, en effet, beaucoup plus de choix que dans les collèges…

On faisait également état, au rectorat, d’« affrontements entre bandes » à Villeneuve-le-Roi, tandis que le 7 avril, la conseillère principale d’éducation et le proviseur-adjoint du collège Olympe-de-Gouge, à Noisy-le-Sec, avaient été frappés par une trentaine de jeunes entrés dans l’établissement. 

Qui pousse au crime ?

Les syndicats d’enseignants n’ont pas cru bon de marquer leur solidarité avec le personnel non enseignant. Sans doute sont-ils trop occupés à verser de l’huile sur le feu. A chacun ses problèmes, après tout…

C’est cependant à l’Etat qu’il revient, en dernier ressort, d’assurer l’ordre public dans les rues et, a fortiori, au sein de ses propres établissements. A cet égard, il était quelque peu surprenant d’entendre le ministre de l’Education s’indigner, le 8 avril sur LCI, « qu’on ait de la casse, qu’on ait des élèves qui arrivent dans les établissements pour tout casser, et qui molestent nos professeurs ou qui volent les portables de leurs camarades, qui cassent la figure à des proviseurs (…). Je crois en effet qu’il y a une incitation venue d’ici ou là à pousser les jeunes devant soi, parce qu’on sait que, évidemment, ça produit des effets calamiteux. »

Qu’il nous permette de lui adresser deux questions :

-         L’Etat, représenté par les membres du gouvernement auquel il appartient, n’est-il pas capable d’assurer l’ordre ailleurs qu’à Paris, où les forces de police étaient présentent en force sur la parcours de la manifestation du 8 avril ?

-         De quelle « incitation » le ministre veut-il parler ? Quelles sont les personnes ou les organisations qui, selon lui, poussent les jeunes devant elles ?

Xavier Darcos en a dit trop ou pas assez. Il est aisé de deviner qu’il pense aux syndicats enseignants ; mais alors, qu’il le dise, et qu'il arrête de leur verser des subventions et de mettre du personnel gratuit à leur disposition ! Dans certains cas, la précision est le début du courage.



Envoyer cette brève à un ami


 
Autres brèves de la rubrique
17 / 07 / 2008
Service minimum d'accueil : une victoire à compléter

19 / 06 / 2008
Suppression de la carte scolaire : un devoir de vigilance

24 / 05 / 2008
Le "busing" : une expérience qui a déjà fait la preuve de sa nocivité

16 / 05 / 2008
En élisant Nicolas Sarkozy, les Français ont déjà dit oui au service minimum !

13 / 05 / 2008
Conférence exceptionnelle le 15 mai 2008

09 / 05 / 2008
Agression d'un proviseur : les pompiers pyromanes crient au feu !

16 / 04 / 2008
Nouvelle victoire de SOS Education contre les éditeurs des 5 pires livres de classe

15 / 04 / 2008
Ecoutez SOS Education sur RMC

14 / 04 / 2008
Dépenser plus pour sauver l'Education nationale : une fausse solution de facilité qui aggrave la crise

04 / 04 / 2008
Nouveaux stages de rattrapage : une solution qui doit rester provisoire

Toutes les brèves...