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Education : faits et chiffres
Le 14 Avril 2008

Dépenser plus pour sauver l'Education nationale : une fausse solution de facilité qui aggrave la crise

 
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Depuis quarante ans, les syndicats d'enseignants s'efforcent d'extorquer chaque année plus d'argent à la Nation, au prétexte sans cesse répété de "bénéficier aux élèves" et "d'améliorer le niveau général". En réalité, il apparaît clairement aujourd'hui que les afflux financiers massifs dans le système scolaire n'ont pas profité aux enfants, bien au contraire. Explications.

L'effondrement du niveau des élèves français est lié à de graves erreurs éducatives qui n'ont été rendues possibles que parce que le budget des écoles grimpe chaque année de 5 à 10 %, alors que le nombre d'élèves baisse. En matière d’éducation, la qualité devrait pourtant primer sur la quantité. De l’aveu du ministre de l’Education lui-même, « l’échec de notre système universitaire est patent : un lycéen sur deux en sort après trois ans sans aucun diplôme. Peut-on après cela affirmer de bonne foi que la réponse quantitative est la seule solution ? Si tel était le cas, nous serions les meilleurs du monde ! » Alors, pourquoi ne le sommes-nous pas ? Pourquoi reculons-nous, au contraire, dans les classements internationaux, tant en mathématiques qu’en lecture ?

Plusieurs raisons se conjuguent pour expliquer les piètres résultats de notre système scolaire au regard des moyens engagés.

En premier lieu, ces moyens ont souvent été mal utilisés. On a multiplié les voyages scolaires ou les initiations à l’informatique (outil que les élèves maîtrisent parfois mieux que les professeurs), en amputant d’autant les heures d’enseignement effectif.

D’autres raisons sont d’ordre plus « institutionnel ».

- Afin de pouvoir recruter massivement des enseignants au cours des dernières décennies – d’abord pour répondre au baby-boom d’après-guerre, puis à l’objectif de conduire l’ensemble des classes d’âge au bac –, l’Etat a dû se montrer moins exigeant sur leur niveau et leurs compétences. La quantité de bons professeurs est restée la même, mais leur proportion a diminué.

- Cet afflux massif de nouveaux enseignants a permis d’abaisser les effectifs des classes. Mais cette réduction d’effectifs s’est traduite par une moindre émulation entre les élèves, par conséquent moins portés à l’effort. Pire, elle a permis aux idéologues d'imposer que les classes soient formées d'élèves de niveau hétérogène, ce qui en réalité, même dans les classes à effectifs réduits, diminue considérablement l'efficacité de l'enseignement.

- Paradoxalement, l’augmentation des moyens a conduit à reporter sine die les réformes nécessaires. Pour prendre une image susceptible d’illustrer cet engrenage, l’Education nationale s’est trouvée dans le cas de parents qui donneraient de l’argent à leur fils drogué pour qu’il puisse continuer à acheter ses doses. On repousse indéfiniment le conflit inévitable au lieu de s’attaquer à la racine du mal, c’est-à-dire, en l’occurrence, aux méthodes d’enseignement.

- Les professeurs, premiers concernés par les problèmes de discipline et la baisse du niveau général, auraient pu réagir en exprimant leur ras-le-bol. Pour les apaiser, on n’a cessé de les augmenter. Il n’est malheureusement pas abusif de dire que, depuis des décennies, le ministère achète en quelque sorte leur silence.

Les seuls à qui le crime profite vraiment sont les syndicats, qui contrôlent l’appareil de l’Education nationale. Plus puissants que le ministre – conscient de l’instabilité de sa position alors qu’eux sont solidement assis sur l’inamovibilité liée au statut de la fonction publique –, ils contrôlent de facto l’évaluation et la carrière des enseignants. Pétris d’idéologie, ils n’ont eu de cesse, depuis des décennies, de faire échec à toutes les réformes. Et comme pour leur faciliter la tâche, le ministère les subventionne et leur accorde des millions d’heures de décharges syndicales.

Voilà quarante ans qu’à cause d’eux, on fait moins bien avec plus de moyens. Il est possible d’inverser cette tendance et de faire mieux avec moins. Mais il existe à cela une condition préalable que le ministre ne peut plus se permettre de vouloir ignorer : il faut d’abord réduire le pouvoir des syndicats d'enseignants, en supprimant les subventions directes et indirectes qu'ils reçoivent, ainsi que la mise à leur disposition de personnel gratuit par le ministère de l'Education nationale.



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