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Jack Lang affirme que les nouveaux programmes de primaire constituent « l’une des plus grandes fautes intellectuelles perpétrées contre l'école de la République ».
Pour autant que l’on sache, la plus grande faute perpétrée contre l’école de la République reste cependant de l’avoir conduite à son état actuel, ce dont l'ancien ministre socialiste de l'Education nationale partage avec d’autres la responsabilité.
On conçoit qu’il ne soit pas content d’entendre aujourd'hui son actuel successeur critiquer ses choix, ses programmes et la politique qu’il a menée au cours de son dernier séjour au ministère de l'Education nationale, entre avril 2000 et mai 2002.
« On me dit que les programmes rédigés entre 1998 et 2002 n’avaient pas encore fait leur preuve », a déclaré Xavier Darcos. « Comme s’il fallait encore sacrifier quelques générations scolaires de plus pour avoir l’assurance définitive de l’échec d’une certaine pensée scolaire ! Cette pensée, celle du pédagogisme, nous la connaissons bien et nous en connaissons surtout les effets. Car l’école primaire ne parvient plus à faire diminuer l’échec scolaire qui touche 15 % des élèves qui entrent chaque année au collège avec de graves lacunes en lecture, en écriture ou en calcul. »
A la bonne heure ! Le ministre désigne enfin les responsables du naufrage de l’enseignement français, à savoir Philippe Meirieu et ses amis pédagogistes. A cet égard, un autre ancien ministre socialiste apporte à Xavier Darcos un renfort précieux. Prenant à revers Jack Lang et Luc Ferry (lui aussi critique à l’égard des nouveaux programmes) Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Education nationale entre 1984 et 1986, posait la question de fond, le 2 avril, dans Le Figaro : « Que valent les programmes du point de vue de la réussite des élèves ? »
« La lecture des programmes de 2002 décourage par la longueur et le jargon pédagogiste employé », diagnostiquait-il en soulignant qu’ « il y a un progrès très net entre les programmes de 2002 et le projet d’aujourd’hui ». Selon lui, ce nouveau projet a en effet « le mérite de définir des contenus précis tout en étant assez clair et moins jargonnant ».
Jean-Pierre Chevènement regrettait cependant qu'il y reste « malheureusement encore des réminiscences pédagogistes ». De ces réminiscences, il faut délibérément et définitivement se débarrasser, et pas seulement dans les programmes. Lorsque l'influence considérable que les pédagogistes conservent sur l'Education nationale aura été éradiquée, un premier pas, très important, sera accompli pour sauver notre enseignement.
Il en restera un deuxième à faire, pour sortir de la logique de l’école unique et de l’égalitarisme niveleur, instaurée au lendemain de la deuxième guerre mondiale par le plan des communistes Langevin et Wallon.
La bataille ne fait que commencer.
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