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Le 7 Mai 2008

Le service minimum d'accueil reste en deçà de ce que les élèves sont en droit d'espérer

 
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Le 15 mai 2008, la grève des enseignants donnera l’occasion aux élèves et à leurs parents de tester l’efficacité du service minimum dans les écoles. Ils ont contre eux le gros des syndicats de l’Education nationale, soutenus par la plupart des maires socialistes, opposés au service minimum car il diminue l'effet de nuisance des grèves, et donc leur pouvoir de pression.

Toutefois, il est nécessaire de rappeler que le service minimum tel qu'il est organisé dans les écoles vise uniquement à maintenir la fonction de garderie de l'école, non sa fonction d'instruction.

La mesure prévoit que les enfants soient accueillis au sein des établissements scolaires, ce qui soulagera à n’en pas douter les parents d’élèves : 80 % d’entre eux s'y déclarent d’ailleurs favorables. Mais il n’est pas question, en revanche, que les écoliers reçoivent un quelconque enseignement si le maître ou la maîtresse fait grève.

En prétendant que le service minimum ainsi conçu risque de « casser » la grève – argument également avancé par Bertrand Delanoé – les syndicats de l’Education nationale avouent ingénument que, selon eux, les parents se contenteront fort bien d'une école assurant simplement la garderie de leurs enfants.

Serait-ce parce qu'ils ont appris à ne quasiment plus rien attendre d'elle en terme d'instruction ? 

Les syndicats se gardent de rappeler que, si la Constitution consacre le droit de grève des fonctionnaires, le Conseil constitutionnel l’a limité par une décision du 25 juillet 1979, érigeant la continuité du service public en principe constitutionnel. Les "Sages" précisaient notamment que « ces limitations peuvent aller jusqu’à l’interdiction du droit de grève aux agents dont la présence est indispensable pour assurer le fonctionnement des éléments du service dont l’interruption porterait atteinte aux besoins essentiels du pays. »

En déclenchant la grève dans les Ecoles avec tant de légereté, les patrons des syndicats d'enseignants reconnaissent que l’instruction des enfants ne fait pas partie, à leurs yeux des besoins essentiels du pays. Et l'affaire du service minimum contribue à laisser penser que la seule fonction vitale de notre système scolaire est de faire garderie pour les enfants.



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