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A Besançon, un proviseur qui s’opposait à l’intrusion de manifestants dans son lycée a été molesté. La présidente socialiste du Conseil régional de Franche-Comté et même les groupes lycéens qui s’opposent aux réformes voulues par Xavier Darcos, ont condamné ces violences. Ils n'en sont pas moins les premiers responsables.
Le 6 mai dernier, vers 8 h 30, « une centaine d’élèves du lycée professionnel Tristan-Bernard à Besançon se sont rendus au lycée Victor Hugo voisin avec l’intention de perturber les cours », rapporte le rectorat. « Le proviseur, Jean-Claude Duverget, s’est porté au-devant des manifestants pour garantir la sécurité de son établissement. Bousculé violemment, il n’a heureusement pas été blessé, mais choqué par l’agression, il a décidé de porter plainte ». Le recteur d’académie, Marie-Jeanne Philippe, a apporté « tout son soutien au proviseur agressé » et rappelé que le chef d’établissement est « responsable de la sécurité des élèves, des personnels et des locaux ».
La présidente du conseil régional, Marie-Guite Dufay, a elle aussi exprimé son « indignation », en ajoutant que « si de nombreuses questions se posent actuellement dans l’ensemble des établissements de l’académie au niveau des suppressions de postes et de filières, rien ne saurait justifier que les manifestations soient le cadre de tels débordements. »
De même, la « coordination des lycéens » – rassemblant les petits groupes militants responsables des perturbations actuelles – a vertueusement condamné l’agression du proviseur… et cru bon de renforcer son service d’ordre au cours de la manifestation organisée le même jour !
C’est le complexe du pompier pyromane. En renforçant ainsi son service d’ordre, la pseudo « coordination » fait semblant de ne pas avoir partie liée avec les manifestants qui ont molesté le chef d’établissement. Elle donne à croire, non seulement qu'elle s'en désolidarise, mais même qu’elle s’en protège.
La réalité est bien moins honorable. La centaine d’excités du lycée Tristan-Bernard venus le matin perturber les cours de l’établissement voisin, participaient à la manifestation de l’après-midi. Ils répondent aux slogans et mots d’ordre des groupes militants qui appellent à la grève. La condamnation, par ces derniers et par la « coordination » qui en émane, des violences subies par M. Duverget, témoigne soit de leur hypocrisie, soit de leur incapacité à contrôler leurs propres « troupes » – voire de l’une et de l’autre.
Le même genre de reproche peut-être adressé à la présidente du conseil régional, qui, comme le montrent les précautions oratoires prises pour ne pas condamner le mouvement en même temps que ses débordements, exploite politiquement la protestation fomentée par les petits groupes Fidl et Unl, courroies de transmission des syndicats d'enseignants marxistes parmi les lycéens.
Si les opposants aux réformes de Xavier Darcos souhaitent réellement éviter ce type d’incidents, ils doivent renoncer aux blocus, aux piquets de grèves devant les lycées, aux manifestations susceptibles de dégénérer en affrontements avec les responsables des établissements scolaires ou avec les forces de l’ordre, et critiquer les projets du ministre démocratiquement, autour d’une table de discussion ou dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Ils sont donc les premiers responsables ; mais pas les seuls. Il serait grand temps, en effet, que le gouvernement se décide à faire respecter la loi et l’ordre devant et dans les lycées et collèges. Qu’attend-il pour arrêter de subventionner ces petits groupes militants ?
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