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Le 16 Mai 2008

La grève du 15 mai a échoué

 
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La majorité des grands médias se félicite à sons de trompe du succès qu’aurait prétendument connu le mouvement de protestation du 15 mai au sein de l’Education nationale. Les chiffres montrent qu'il a au contraire essuyé un échec.

• La manifestation nationale organisée à Paris n’a pas rassemblé plus de 18 000 personnes selon la préfecture de police, dont les chiffres sont généralement fiables. Encore ce cortège ne réunissait-il pas seulement les lycéens en goguette et les enseignants en grève, mais surtout des fonctionnaires n’ayant rien à voir avec l’Education nationale. Pour mémoire, on recense en France 884 000 enseignants (dont 739 000 dans le public) et près de 5,5 millions de collégiens et lycéens (filières générales et professionnelles confondues). Moins de 2 % d'entre eux participaient au défilé.

• Selon le ministère, le pourcentage d’enseignants grévistes a atteint en moyenne 46,16 % pour les professeurs des écoles et 33,55 % pour les enseignants des collèges et lycées : « près d’un instit sur deux étaient (sic !) en grève, un tiers des profs des collèges et lycées », triomphe dans un français approximatif le quotidien Le Parisien, qui parle d’ « un mouvement de grève particulièrement suivi dans l’Education nationale ». Inversons le rapport : plus d’un instituteur sur deux et près des deux tiers des enseignants des collèges et lycées n’ont pas jugé nécessaire de suivre le mouvement. On peut en conclure que la majorité du corps enseignant s’accommode du projet de réforme de Xavier Darcos.

Les réactions de certains médias qui jugent nécessaire de travestir la réalité, soulignent l’enjeu de la bataille qui se livre. En prétendant notamment réformer les programmes, Xavier Darcos porte atteinte à l’idéologie égalitariste dominant à la fois au sein de l’Education nationale et de la petite classe médiatique.

Un article publié dans le Monde le 14 mai, veille de la journée de débrayage, est particulièrement révélateur de cette collusion idéologique. Revenant sur le faible taux de grévistes enregistré parmi les enseignants lors de la précédente « journée d’action », les journalistes Luc Cédelle et Catherine Rollot tentent de l’expliquer en reprenant à leur compte les arguments des syndicats.

Selon eux, certains enseignants seraient favorables au mouvement sans y participer formellement : « Dans le secondaire, écrivent-ils, les professeurs qui ne sont pas de service le jour de la grève évitent, sauf zèle militant, de perdre une journée de salaire. » L’argument ne tenant pas pour le primaire, où les instituteurs travaillent tous les jours, d’autres raisons sont avancées : « Même le plus militant des syndiqués ne fera pas grève s’il accompagne une classe de neige. ». Soit, mais n'est-ce pas un peu tiré par les cheveux ?

La mauvaise foi médiatique ne parvient pas à masquer l’échec global des syndicats opposés aux réformes de Xavier Darcos. Le ministre est en passe de gagner le bras de fer parce qu’il a jusqu'à présent tenu bon, avec notre soutien. Il doit continuer.



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