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Un professeur de physique écrit à SOS Education pour exprimer son ras-le-bol de la manière dont sont conçues les épreuves du baccalauréat :
" L’inspection de physique persiste et signe : cette année encore, les candidats ont eu droit, pour l’épreuve de physique-chimie en S, à un sujet de 12 pages, du même style que les années précédentes : enrobage de mauvais goût, baratin, un galimatias de questions se voulant originales, sans parler des débordements sur la tectonique des plaques, pour paraître un peu interdisciplinaire …
On se demande à quoi servent les recommandations sur les compétences exigibles des programmes ! Une fois de plus, les enseignants de terminale qui essaient de transmettre à leurs élèves des connaissances de physique et de chimie sont ridiculisés !
Dans le sujet ne figurait quasiment aucune question de connaissance : les réponses sont à trouver dans les énoncés ou dans les « textes » censés illustrer les différentes parties de l’épreuve. Les formules à utiliser sont données (le travail de la mémoire ne sert plus à rien, c’est bien connu !)
En l'occurrence, il suffisait de : • Savoir appliquer un pourcentage (niveau 6 ème) ; • Connaître l’additivité des tensions dans un montage en série (niveau 3ème) ; • Savoir lire un texte (là, c’est plus difficile !) ; • Savoir utiliser une calculette (pour les soustractions, multiplications et divisions).
Il ne s’agit pas de mettre en cause les collègues qui préparent les sujets, sachant, pour y avoir moi-même participé, qu’ils n’ont aucune liberté d’action et pestent souvent contre ce qu’on leur demande de faire. La pédagogie de l’« occupationnel » ne triomphe plus seulement pendant les « cours », mais aussi pendant les épreuves d’examen. On ne juge pas les élèves sur leurs connaissances, mais on les occupe pendant trois heures et demie, pour leur faire croire qu’ils passent l’épreuve de leur vie !
Le baccalauréat version année 2000 n’est plus un examen, mais une mise en scène très sophistiquée, dont tout le monde connaît le but : faire une France de « bacheliers » et réaliser ainsi le rêve de l’égalitarisme jacobin … Peu importe l’intérêt futur des élèves et celui du pays. En France, c’est toujours l’idéologie qui prime ! Il ne faut donc pas s’étonner de l’échec massif que l’on constate en première année d’enseignement supérieur, dont le bac ouvre les portes de manière exclusivement administrative, et sans que soient prises en compte les connaissances réellement acquises par les élèves à l’issue des cycles d’enseignement primaire et secondaire.
Déjà se profilent les futures réponses ministérielles à cet échec en première année : elles se traduiront par la diabolisation des enseignants du supérieur, qui suivront des stages de rééducation, par la suppression des redoublements en fin de première année de fac, etc. Ce ne sont évidemment pas ces mesures-là qui relèveront le niveau intellectuel de nos étudiants !
Personne ne semble s’inquiéter de la dégradation des formations scientifiques en France. Et pourtant, ses conséquences pèseront sur le long terme. C’est un choix suicidaire pour un pays qui prétend vouloir rester au top des technologies de pointe…
Les filières scientifiques n’existent plus vraiment dans la plupart des établissements du secondaire. La sélection a disparu en seconde, à cause des pressions sur les notations, de la baisse des exigences dans les secondes indifférenciées et des commissions d’appel.
Les erreurs d’orientation crèvent les yeux en première S, plaçant ainsi délibérément de nombreux élèves en situation d’échec. C’est d’ailleurs pourquoi il est nécessaire d’organiser un bac-spectacle, qui a pour seul but de donner le change.
Les sections scientifiques véhiculent aujourd’hui de faux labels, encore très prisés par les familles, qui raisonnent avec vingt ans de retard et ambitionnent toujours pour leur progéniture ce qu’elles imaginent rester la voie royale, pour ensuite les diriger vers les écoles de commerce qui prolifèrent…
Quant au développement du goût pour les sciences et au maintien dans ce pays d’un potentiel scientifique à la hauteur de ses ambitions légitimes, il n’en est plus question.
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