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A la suite de la publication du livre Main basse sur l’école publique, signé par Eddy Khaldi, conseiller fédéral de l’UNSA Education, et par Muriel Fitoussi, journaliste au Canard enchaîné, plusieurs titres de presse ont repris à leur compte sans discernement la présentation tendancieuse que ces deux auteurs font de l’association SOS Education.
On n’en finirait pas de relever les inexactitudes qui figurent dans ce livre, comme celle qui fait de Xavier Darcos un « membre fondateur de l’association Les Créateurs d’école », alors que, renseignements pris, il n’en a jamais fait partie. Nous nous en tiendrons ici à celles qui concernent SOS Education.
Les nombreuses erreurs factuelles qui émaillent cette prétendue « enquête » auraient aisément pu être évitées, si ses auteurs avaient pris la peine de prendre contact avec les responsables de l’association, ce qu’ils n’ont pas fait.
• Cette précaution leur aurait évité de présenter Vincent Laarman, tantôt comme « le président de SOS Education », tantôt comme son « secrétaire général », alors qu’il en est le délégué général, c'est-à-dire qu'il ne fait même pas partie du Conseil d'administration de l'association ; ou Martine Duverger comme « secrétaire générale » de l’association, alors qu’elle en fut jusqu’en 2002 la porte-parole et qu'elle a été remplacée depuis par Isabelle Hannart.
• Ils auraient, de même, connu le coût exact du sondage sur le service minimum réalisé en juillet 2007 par l’IFOP à la demande de SOS Education, qu’ils évaluent arbitrairement à « environ 30 000 euros », alors que son prix réel s’est élevé à 3 336,84 euros.
• Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi affirment en outre qu’à l’époque où ce sondage a été publié, SOS Education était « une petite association loi 1901, née en 2001, et jusque-là très discrète, pour ne pas dire quasi inconnue du grand public. » Cette « petite association » rassemblait déjà, en 2007, 65 000 membres actifs. En comparaison, l’UNSA Education, qui, en outre, fédère 23 syndicats nourris de subventions publiques – alors que SOS Education vit exclusivement de la générosité de ses membres – en revendique 100 000... En outre, Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSA, et donc patron de Eddy Khaldi, la connaissait parfaitement, puisqu’il avait participé à plusieurs débats dans les médias avec Vincent Laarman, délégué général de SOS Education…
• Les auteurs laissent aussi entendre que Philippe Nemo a eu un rôle dans la création de SOS Education, et le présentent comme « l’auteur du manifeste fondateur de SOS Education "Pour le pluralisme scolaire" ». Or, cette brochure, publiée en septembre 2004, alors que l’association comptait déjà 46 000 membres, ne constitue nullement un « manifeste fondateur ». Il y est au contraire précisé que les opinions qui s’y trouvent exprimées sont celles de l’auteur et « ne reflètent pas nécessairement les points de vue de l’association. »
• De même, Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi attribuent-ils à Philippe Nemo la paternité de la brochure Cinq thèses sur l’Education nationale, en précisant qu’elle est truffée de « copier-coller » tirés de son ouvrage Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ?. Or, cette brochure, signée par Damien Theillier, chargé de recherche à SOS Education, se présente explicitement comme une réflexion à partir de l’ouvrage de Philippe Nemo. Les auteurs critiquent un document qu'ils n'ont apparemment même pas eu entre les mains, bien qu'il soit accessible en ligne sur le site de l'association.
• Plus grave encore : Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi sont pris en flagrant délit de mensonge par omission. Mentionnant la campagne organisée par SOS Education contre les « cinq pires livres de classe », ils indiquent (page 171) que les éditeurs Nathan et Bordas ont intenté un procès à SOS Education... et « oublient » de préciser qu’ils l’ont perdu, la justice les ayant déboutés de toutes leurs demandes, information ayant été amplement repercutée depuis la date où elle est intervenue, en janvier 2008.
Reste l’essentiel : tantôt SOS Education est montrée comme un sous-marin du ministre de l’Education nationale, tantôt c’est Xavier Darcos qui est présenté comme sa créature. Obsédé par le prétendu complot ultra libéralo-catholique contre l’école laïque, Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi n’en sont pas à un paradoxe prêt, aussi saugrenu soit-il. SOS Education ne peut cependant pas laisser diffuser de telles invraisemblances sans réagir.
Si elle dispose d’une certaine influence – ce qui est sa raison d’être – SOS Education la doit uniquement à ses 65 000 membres, qui lui permettent de faire entendre la voix des familles et lui garantissent une indépendance financière que pourraient lui envier de nombreux syndicats.... Elle demeure donc totalement libre de toute appartenance politique ou confessionnelle, comme le montrent ses prises de positions récentes, à la fois favorables aux nouveaux programmes du primaire et défavorables à la catastrophique réforme du lycée, mis en oeuvre par Xavier Darcos.
Rappelons aussi qu'au lendemain de la nomination de l'actuel ministre de l'Education nationale, SOS Education lança une grande campagne dénonçant ses premières mesures, qui avaient consisté à défaire une large partie des réformes de Gilles de Robien, en particulier sur l’abandon de la méthode globale et les heures supplémentaires payées mais non effectuées. Ce mouvement fut alors suivi par de nombreux organes d’opinion.
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