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Le 16 Septembre 2008

M. Darcos, ne désarmez pas les chefs d’établissement !

 
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La cérémonie de remise des prix redevient au goût du jour. A Sucy-en-Brie, dans le Val de Marne, deux lycées ont convié leurs bacheliers à une cérémonie, au cours de laquelle leurs diplômes leur ont été solennellement délivrés, avec parchemins enrubannés et félicitations à la clé.

Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, souhaite étendre ces pratiques dans le but louable d'encourager la « promotion par le mérite » en remettant aux nouveaux bacheliers des médailles d’or, d’argent et de bronze, selon les mentions obtenues. « Je crois personnellement beaucoup aux rites de passages, a-t-il dit, et ce genre de cérémonie en est un – comme le pratiquent les lycées anglo-saxons. »

Il convient de saluer ces bonnes intentions, en faisant néanmoins remarquer que l’enfer en est pavé. Comment s’inscriront-elles dans la réalité ? Rien ne sert de distribuer des médailles en argent ou en chocolat aux quelque 64 % d’une génération qui obtiennent le baccalauréat, si le niveau de l’examen continue de descendre.

S’imagine-t-on, dans les hautes sphères du ministère de l’Education, que cette distinction, qui n’en est pas une si tous en sont gratifiés, sera prise autrement par les élèves que comme une simagrée démagogique ? En admettant qu’ils consentent à revenir au « bahut » pour la recevoir des mains du préfet, quel prix attacheront-ils à une récompense aussi galvaudée ? Les distributions de prix d’antan couronnaient les meilleurs éléments – et c’est justement ce qui en faisait le « prix ». Mais quelle signification peut bien avoir une distinction qui ne distingue pas ?

Pourquoi supprimer l'exclusion ?

Il y a cependant plus grave que le « flop » trop prévisible de ce nouveau gadget ministériel. Xavier Darcos se refuse à distinguer, mais aussi à sévir. En esquissant sur France-Info le possible contenu de son futur « Code de la paix scolaire », autre gadget qui sera bientôt supposé régler l’essentiel des problèmes comportementaux dans les écoles de la République, le ministre a souhaité supprimer du catalogue des sanctions scolaires l’exclusion à titre temporaire ou définitif. A la place, on tentera de « ramener l’élève aux règles de la vie en collectivité », en lui imposant des travaux d’intérêt collectif, les "tic" . On doit encore en rire dans les « quartiers » des banlieues chaudes !

Quels seront ces « tic » que le ministre souhaite imposer à des voyous capables des dernières insolences et violences ?

Ceux qui filment des viols ou des passages à tabac sur leur téléphone portable, ceux qui dealent de l’herbe ou de l’« héro » à leurs petits camarades, ceux qui rackettent, ceux qui insultent ou frappent leur professeur, quelles sortes de « tic » Xavier Darcos envisage-t-il de leur demander ? Nettoyer le tableau, ranger les craies, balayer les feuilles mortes dans la cour ? Et s’ils refusent, s’ils rient au nez du prof, du conseiller d’éducation ou du directeur, qui leur demandera de se plier à ces simulacres de sanctions ? Comment les y contraindra-t-on ?

Alors que la violence scolaire ne cesse de croître, le moment n’est certes pas venu de désarmer les chefs d’établissement. C’est pourquoi les 75 000 membres de SOS Education demandent instamment à Xavier Darcos de renoncer à son projet. Le laxisme n’a pas sa place à l’école.



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