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Education : faits et chiffres
Le 5 Novembre 2008

Un nouveau suicide d'enseignant le montre : il faut restaurer la discipline dans les établissements scolaires !

 
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La situation dramatique qui prévaut au sein des établissements scolaires a été récemment soulignée par la tragédie survenue au collège César-Savart de Saint-Michel (Aisne). Un professeur de cet établissement, âgé de 38 ans, s’est pendu chez lui, au lendemain d’une garde à vue de plusieurs heures à laquelle la gendarmerie l’avait soumis à la suite d’une plainte déposée par un élève.

Celui-ci, qui avait accusé l’enseignant de lui avoir donné un coup de poing, a finalement reconnu avoir menti. « Tout au plus le professeur a-t-il empoigné le menton de l’élève, avec une certaine rudesse, pour lui faire relever la tête », explique le procureur chargé de l’affaire. Ce traitement a provoqué « une douleur et un saignement au niveau d’une dent cariée et cassée de l’élève », auquel son mensonge vaut aujourd’hui d’être poursuivi pour dénonciation calomnieuse.

Cette vie rompue, cette autre qui dérape dès son commencement, sont des conséquences particulières de l’échec global du système scolaire. On a dit que le professeur était psychologiquement fragilisé par des problèmes familiaux. L’adolescent n’avait sûrement pas prévu que son mensonge aurait d’aussi graves conséquences. Il n’empêche que ce drame soulève plusieurs questions.


Tout d’abord, pourquoi les gendarmes sont-ils intervenus dans cette affaire ? N’existe-t-il donc plus, au sein des écoles, collèges et lycées, de chefs d’établissement pour résoudre les problèmes de ce type, avec l’enseignant, l’élève et ses parents ? Le dialogue est-il rompu au point de ne plus pouvoir réunir les différents protagonistes dans le bureau du principal, afin d’y voir un peu plus clair et de prendre, s’il y a lieu, les sanctions prévues par le règlement intérieur de l’établissement ou par l’Education nationale ? Cette histoire tragique illustre la rupture entre les familles et l'institution scolaire, qui dégénère en hostilité.


Pour restaurer la confiance des familles envers l’institution, il faudrait qu’elles puissent y trouver un interlocuteur responsable. En théorie, il en existe un : le chef d’établissement. En pratique, cependant, son rôle est dévalué aux yeux des parents d’élèves, qui le savent dépourvu de pouvoir sur les enseignants, et souvent d’autorité. En cas de conflit avec un professeur, cette faiblesse du chef d’établissement se conjugue avec la propension croissante de nos concitoyens à s’adresser à la justice et avec le syndrome de l’enfant-roi pour inciter les parents à porter plainte à tort et à travers. Dès lors, juges et gendarmes font maladroitement intrusion dans le huis clos de la classe.


Or, ce huis clos est fragile, en raison, d’abord, du relâchement ou de l’abandon des règles de la discipline au sein des classes. Lorsque ces règles sont claires et que chacun se sait tenu de se conformer à un ordre établi, le risque de dérapage est moins grand. Bridant les caractères, la règle protège. Elle garde aussi bien les élèves que le professeur. Au contraire, quand elle s’estompe au point de disparaître, les psychologies individuelles se font davantage entendre. Abolir la discipline, c’est ouvrir la boîte de Pandore.


Dès lors, les difficultés de toutes sortes (professionnelles, familiales, financières...) auxquelles l’enseignant peut être personnellement confronté se répercutent dans sa classe ; inversement, les mauvais penchants, les insolences et les rancunes des élèves trouvent la possibilité de s’exprimer et de se multiplier. La classe, au lieu d’être le lieu de l’étude, devient un huis-clos sartrien, où « l’enfer, c’est les autres ».


A cet univers en modèle réduit, que peuvent comprendre les gendarmes qui enregistrent la plainte des parents d’élèves, ou qui maintiennent, des heures durant, le professeur en garde à vue ? Ce dernier va se pendre en sortant des locaux de la gendarmerie, l’élève est montré du doigt et poursuivi à son tour par la justice, une cellule psychologique est installée dans le collège, censée soigner les états d'âme de ses camarades. Quel gâchis !


Pourtant, il existe pour instaurer la discipline dans les établissements, des méthodes simples et qui ont fait leurs preuves. Pour les faire connaître aux professeurs, SOS Education a réédité un manuel de discipline intitulé « Comment tenir sa classe »*, rédigé naguère par l’instituteur Olivier Leroy. Les conseils qu’il y délivre aux jeunes enseignants restent valables aujourd’hui. Encore faut-il avoir la volonté de restaurer la discipline et en donner les moyens aux professeurs et aux chefs d’établissement. Certes, ces derniers tireront profit de la lecture du manuel d’Olivier Leroy. Mais plus généralement, l’impulsion doit venir du ministère de l’Education nationale... et non pas de celui de l’Intérieur, ni de la Gendarmerie nationale !


Assez de drames, de suicides d’enseignants, de dépressions nerveuses, d’agressions de professeurs par des élèves, de racket et de violence dans les classes et sous les préaux, d’enfants terrorisés ou traumatisés : le laxisme, ça suffit !

Les 75 000 membres de SOS Education exigent du ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, la restauration de la discipline et, pour la permettre, la restauration préalable du pouvoir effectif des directeurs, principaux et proviseurs, premiers responsables du bon ordre au sein de leur établissement.

* Olivier Leroy, Comment tenir sa classe, manuel de discipline à l'usage des jeunes professeurs, ed. François-Xavier de Guibert, à commander à SOS Education.



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