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L’inspecteur d’académie du Cantal, Frédéric Gilardot, a proposé de couper les vivres au collège expérimental de La Maronne pour « dysfonctionnements pédagogiques ». La décision de fermeture devrait revenir au Préfet du Cantal, sur proposition du Conseil général.
M. Gilardot appuie sa demande sur un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale (Igen), qui, explique-t-il, « a pointé en 2008 d’importantes carences dans le fonctionnement de ce collège, voire d’errances pédagogiques, appelant à la fermeture de l’établissement. Au niveau de la vie scolaire par exemple, il n’y a pas de sonnerie, les élèves arrivent à l’heure qu’ils veulent. L’équipe passe en outre plus de temps à se réunir, à se concerter qu’à enseigner. »
Résultat de ces concertations fumeuses, le projet « éducatif » de ce prétendu « collège pionnier » cumule toutes les aberrations pseudo-pédagogiques qui conduisent depuis quatre décennies l’Éducation nationale à l’échec : confusion des disciplines ; suppression des niveaux scolaires par classe (de la sixième à la troisième) ; abolition des notes au bénéfice d’une « évaluation » sur des « objectifs »…
Les conséquences de ces « innovations » sur le niveau général des élèves sont d'autant plus mauvaises que le collège n’accueille plus actuellement que 33 élèves, contre 41 à la rentrée. Voilà en effet une belle innovation : peu d’établissements scolaires peuvent se vanter d’avoir perdu près du cinquième de leurs effectifs en cours d’année – et cela en l’espace de huit mois. À ce rythme, combien lui restera-t-il d’élèves au mois de juin ?
On ne peut pas reprocher à l’inspecteur d’académie d’avoir manqué de patience : tirant les conséquences du rapport de l’Igen, il avait mis fin dès la rentrée 2008 au caractère expérimental du collège de La Maronne et « demandé à l’équipe pédagogique de refonder son projet pédagogique en vue de redevenir collège ordinaire ».
La demande n’a pas été du goût de ladite « équipe pédagogique » (trois enseignants titulaires, plus deux contractuels « qu’il faut sans cesse renouveler, ce qui implique de longues périodes d’absence ») : lorsqu’il s’est rendu sur place en janvier, M. Gilardot a constaté que rien n’avait changé. « L’équipe persiste dans la voie de l’expérimentation », dit-il. « Voilà pourquoi je propose qu’il n’y ait plus de moyens affectés à cet établissement. »
En dépit du caractère spectaculaire de leur échec, les enseignants incapables de La Maronne ont néanmoins reçu le soutien de la Fédération des établissements scolaires publics innovants (Fespi), auquel leur collège appartient. Le délégué général de ladite fédération, Éric de Saint-Denis, s’est étonné de « l’ingéniosité que déploie parfois l’administration pour fermer des structures innovantes ». Voilà une ingéniosité dont l’administration devrait, à notre sens, faire preuve plus souvent !
Les 80 000 membres de SOS Éducation félicitent donc M. Gilardot de sa décision et appuient son action. Ils s’étonnent toutefois qu’une fois encore, des fonctionnaires puissent désobéir sciemment à leur hiérarchie sans risque. En refusant de redevenir un collège ordinaire, comme le leur avait demandé l’inspecteur d’académie, les enseignants de La Maronne ont commis une faute grave. SOS Éducation demande donc au ministre de l’Éducation nationale de prendre à leur encontre des sanctions effectives.
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