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Si tout n’est pas recevable dans les « Préconisations pour la réforme du lycée » que Richard Descoing a rendues début juin au Président de la République, on y trouve néanmoins plus d’une analyse bienvenue. Ainsi le rapporteur rompt-il, sans prendre de précautions de forme excessives, avec certaines propositions de la réforme préparée puis retirée par Xavier Darcos, contre lesquelles SOS Éducation s’était élevée avec force.
Xavier Darcos, affirmant contre toute vraisemblance que le taux d’échec élevé des étudiants en premier cycle universitaire (50 % !) avait ses racines au lycée, prétendait y remédier en faisant de celui-ci une sorte d’antichambre de l’Université, en cassant les filières d’enseignement et l’année scolaire au profit de « modules » d’enseignement semestriels.
Reprenant plusieurs objections soulevées contre ce plan par SOS Éducation, Richard Descoings estime que le lycée ne porte pas la responsabilité de l’échec à l’université, qui s’explique selon lui par deux raisons.
La première fait écho à un constat établi par SOS Éducation dans sa critique du projet Darcos : « l’inadaptation des programmes pédagogiques et de l’encadrement dans les programmes du premier cycle universitaire constitue un élément discriminant pour un grand nombre d’étudiants », écrit Richard Descoings. C’est précisément pourquoi notre association conseillait au ministre de restructurer les deux premières années universitaires, plutôt que de déstructurer le lycée en en faisant une pré-université.
En outre, poursuit Richard Descoings, « rien ne démontre que la semestrialisation soit un facteur de réussite à l’Université et par conséquent l’on peut s’interroger sur la pertinence qu’il y aurait à l’importer au lycée ». Sur ce point important, le rapporteur rejoint donc aussi la position de SOS Éducation et invite le ministre à revoir sa copie.
La deuxième raison avancée pour expliquer l’importance de l’échec à l’Université souligne l’état catastrophique de l’enseignement supérieur en France. En effet, écrit encore Richard Descoings, « il existe un effet d’éviction qui pousse des bacheliers technologiques vers les universités générales alors même qu’ils n’y sont ni préparés ni destinés. En effet, les meilleurs lycéens de la voie générale accaparent non seulement les places dans les Grandes Écoles, mais aussi pour une bonne part celles des IUT et BTS au détriment des bacheliers des filières technologiques dont elles constituent le débouché naturel. »
On ne saurait mieux dire que les meilleurs élèves fuient désormais les fabriques de chômeurs que sont devenues nos universités sous l’effet de la massification de l’enseignement.
Sans y répondre explicitement, Richard Descoings a le courage de poser la question : « Tous les jeunes doivent-ils aller au lycée ? »
Répondre par la négative à cette question revient en bonne logique à remettre en cause l’objectif de conduire 80 % d’une classe d'âge au baccalauréat et celui, récemment défini, d’amener 50 % des élèves à la licence. En fin de compte, cela revient à remettre aussi en cause le dogme du collège unique, moule dans lequel les démagogues et les idéologues de l’Éducation nationale voudraient depuis des années fondre indifféremment tous les élèves, quelles que soient leurs aptitudes et leurs inclinations.
Pour sauver notre enseignement secondaire et supérieur, c’est ce moule qu’il faut briser !
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