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Le nouveau ministre de l’Education nationale que vient de nommer Nicolas Sarkozy ne tombe pas de la lune, mais de l’Industrie – ce qui, au regard de l’« Ednat » et de ses arcanes, revient à peu près au même. Ancien cadre de L’Oréal, possédant une maîtrise de sciences de gestion et un DESS de marketing, Luc Chatel n’a rien à voir avec le monde relativement clos que ses nouvelles fonctions vont l’amener à rencontrer. Tout au plus a-t-il, au cours de ses études, présidé un syndicat étudiant de l’Université de Paris I et siégé en tant que représentant des étudiants au conseil d’administration de cette université. Mais il s’agit-là de l’enseignement supérieur, qui relève de Valérie Pécresse.
C’est donc un novice – les élèves diraient un « bizuth » – qui est appelé à succéder à Xavier Darcos rue de Grenelle, pour mener à bien d’ici 2012, c’est-à-dire trois ans, la mission impossible de la réforme du lycée.
Enfin une bonne nouvelle ? Un ministre issu du « sérail » – ce qui fut le cas de 6 sur 8 en 20 ans – véhicule lorsqu’il prend ses fonctions tous les automatismes, les préjugés, les réticences, les timidités propres à ce microcosme. Il sait déjà que tout est verrouillé par les syndicats, par les conformismes, les corporatismes, les pesanteurs. Il connaît les lourdeurs administratives et les limites que le sacro-saint statut de la fonction publique posera à son action. Tout cela, le ministre issu du sérail l’a assimilé, enregistré. Il l’a présent à l’esprit à l’instant même où il est nommé.
La force de Luc Chatel, ce sera justement de n’être pas issu de l’Education nationale, et d’échapper par conséquent à sa déprimante logique interne. S’il veut agir, il ne sera pas découragé d’avance par l’ampleur de la tâche et les difficultés prévisibles. Cadre du secteur privé, il n’apportera pas dans son cartable l’esprit de la fonction publique. On peut espérer qu’il mesurera l’angoissante situation de notre enseignement avec un œil neuf, et concevra des solutions audacieuses.
Cet homme neuf peut apporter un souffle nouveau. Si tel est le cas, il peut compter sur le soutien des 80 000 membres de SOS Education.
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